« Nous voulons que nos solutions puissent impacter l’Afrique de demain. »

Sorho Ouagnimin a mûri eKIP alors qu’il était encore employé chez l’un des opérateurs de téléphonie mobile en Côte d’Ivoire. Après son départ de la boite, il n’hésite plus, il se lance. Et voilà cinq années que son aventure entrepreneuriale perdure. Pour lui, le meilleur reste à venir.

Pouvez-vous nous présenter votre entreprise ?

KIP services technologies (eKIP) existe depuis 2014. C’est une entreprise que j’ai créée après mon départ chez un opérateur de téléphonie. C’est un projet qui a été longtemps nourri et après mon départ, c’est l’activité à laquelle je me suis donnée. C’est un intégrateur de solutions informatiques, technologiques et de télécommunications qui œuvre aujourd’hui dans deux grands domaines d’activités : les solutions mobiles et les solutions d’infrastructures télécom qui sont eux-mêmes composés de deux sous-composantes chacun.

Nos solutions mobiles incluent des services à valeur ajoutée mobile et des services tech managés. Concernant les infrastructures télécom, nous rendons disponible des équipements de traçabilité via codebar et QRCode et des équipements de sécurité électronique. Nous comptons à ce jour plus de 15 collaborateurs.

De 2014 à aujourd’hui, que de chemins parcourus même s’il reste encore tant à faire, avez-vous un bilan ?

Nous avons débuté en 2014 dans le domaine des infrastructures et progressivement, les volets mobile et tech ont été intégrés. Aujourd’hui, principalement, nous travaillons avec les entreprises et les opérateurs. Nous offrons des services à valeur ajoutée en lien étroit avec des opérateurs de téléphonie en Côte d’Ivoire. Nous travaillons avec la télévision publique ivoirienne pour monétiser ses contenus. Nous travaillons aussi avec plusieurs autres grandes entreprises.

L’an passé (2018), après avoir bénéficié d’une formation du programme SEED de Stanford, nous avons entamé une refonte en nous projetant sur l’avenir, en ayant un plan de transformation sur les sept (7) prochaines années. Nous avons donc revu notre modèle, notre approche pour délivrer nos services. Aujourd’hui, notre modèle a changé. Bien sûr que nous restons toujours dans les solutions tech et dans les solutions d’infrastructures, nous innovons désormais avec des services à plus grande valeur ajoutée.

Loin de dormir sur nos lauriers, nous ambitionnons de nous étendre en Afrique de l’Ouest. Dans ce cadre, nous étions au Burkina Faso au mois d’août dernier (2018) où nous avons eu de bons contacts. Aujourd’hui, nous y avons une représentation commerciale, en Guinée, au Togo ainsi qu’au Bénin. Nous avons des négociations avec le Niger et le Tchad aussi.

Quelle est la future solution que vous comptez déployer sur le marché ?

Notre prochaine solution est une plateforme comprise de services digitaux qui voudrait accompagner les commerçants à monétiser leurs biens et produits. Avec des outils propres à nous, cette plateforme qui s’addresse en priorité aux petits commerçants devrait leur permettre d’écouler leurs produits. Nous voulons apporter ce plus.

Vous vous rappelez de votre pire journée ?

(Soupirs) la pire journée, c’est peut-être le problème de financement. Soit, nous sommes sur un gros marché et pas forcément de financement pour le conquérir ou encore savoir qu’on est sur le bon bout et qu’on n’a pas les moyens financiers pour le poursuivre, attaquer le marché comme on le souhaiterait. C’est quelque chose d’assez difficile, mais en tant qu’entrepreneur, on doit aussi procéder par étapes en revoyant nos objectifs face à la réalité. De sorte qu’on puisse faire de petits pas, savoir dans quelle situation nous sommes et savoir contourner les problèmes quand ils se présentent et procéder autrement. C’est lorsqu’on voit certaines opportunités qu’on ne peut saisir vraiment. C’est vraiment difficile, mais ce sont des situations auxquelles nous les dirigeants de PME devons faire face parce qu’on ne nous fait pas forcément confiance. Il ne faut pas rester timoré face aux difficultés, il faut trouver les voies et moyens pour pouvoir contourner ces difficultés qui se posent à nous.

«Il ne faut pas rester timoré face aux difficultés, il faut trouver les voies et moyens pour pouvoir contourner ces difficultés qui se posent à nous.»

Comment vous voyez vous dans cinq années ?

L’ambition, c’est de conquérir l’Afrique pour pouvoir proposer nos solutions. Nous ambitionnons de proposer nos solutions pour digitaliser les entreprises de telle sorte à accroître la productivité des entreprises, à apporter un plus aux africains quel que soit le secteur. In fine, nous voulons que nos solutions puissent impacter l’Afrique de demain. Et pour cela, nous voulons nous étendre à toute l’Afrique quel que soit le secteur. Nous voulons apporter un plus grâce à nos technologies.

Quel est le conseil que vous pourriez donner à vos pairs entrepreneurs ?

Je pense que l’avenir de l’Afrique passe par l’entrepreneuriat parce que les entrepreneurs aident à trouver des solutions aux problèmes des africains. A côté de l’Etat qui doit faciliter, nous sommes ceux-là qui devons aller au fond des difficultés que rencontrent nos concitoyens pour apporter des solutions majeures. Je pense qu’il devrait y avoir plus d’entrepreneurs africains. Je suis d’avis que ce n’est pas aisé, nous sommes face à des difficultés et c’est justement pour que nous y trouvions des solutions. Revoir constamment nos modèles d’affaires de telle sorte à les rendre plus attrayants et rendre nos services aux consommateurs beaucoup plus efficaces et que cela apporte de la valeur ajoutée réelle aux consommateurs.

Crédit photo – Nadi jessica pour Entrepreneur Corner
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