« C’est la passion qui m’a permis de monter mon entreprise »

Rama Céréal s’est spécialisée dans la transformation de céréales notamment le mil, le riz, le maïs et le sorgho depuis 2005. Avec à sa tête Coulibaly Aramatou qui a repris l’affaire familiale, Rama Céréal vise loin. De trois personnes dans le garage familial, l’entreprise en compte désormais une trentaine dans une unité de transformation semi-industrielle et a surpassé la centaine de millions de chiffres d’affaires.

Comment vous est venue l’idée de créer Rama Céréal ?

C’est l’activité que pratiquait ma mère. J’ai donc hérité de cette activité de ma mère qui le faisait de façon artisanale. Elle séchait le produit au soleil sur les dalles de maison et vendait de façon ordinaire. A cette époque, j’étais contractuelle dans une entreprise de la place et deux années après la fin de mon contrat à durée déterminée (CDD), je me suis retrouvée à la maison. J’ai alors commencé à lui donner un coup de main, à l’aider et j’ai vu que c’était intéressant. Des gens en demandaient et tout… Je me suis dit pourquoi ne pas le faire autrement en faisant preuve de plus d’ouverture en changeant le design du produit. Je me suis également renseignée sur comment avoir des machines car de la manière dont elle (sa mère) travaillait on ne pouvait pas vendre aux supermarchés. Je me suis alors décidée d’aller voir les supermarchés. Ça n’a pas été facile mais après cela a marché. On peut donc dire que c’est l’envie d’aider maman et ensuite la passion qui ont pu permettre à Rama Céréal de voir le jour.

Quels sont les défis et challenges auxquels vous êtes confrontée dans votre parcours d’entrepreneur ?

Ça n’a pas été facile et nous ne sommes pas encore au bout car il y a toujours des challenges et défis à réaliser. Et pour cela nous sommes allés petit à petit. Je travaillais dans le garage de ma maison et on le faisait à trois avec mes filles. Après les quantités ont commencé à augmenter de 15 kg à 50 kg ensuite nous sommes passés à 100 kg et nous sommes désormais à 800 kg/jour. Aujourd’hui, nous employons 29 personnes en temps normal et en temps de pic, on va jusqu’à 40 personnes. Nous avons commencé avec un chiffre d’affaires de 2 millions FCFA. Aujourd’hui nous en sommes à 130 millions FCFA.

« Nous avons commencé avec un chiffre d’affaires de 2 millions FCFA. Aujourd’hui nous en sommes à 130 millions FCFA »

Comment arrivez-vous à surmonter ces défis et challenges ?

Nous faisons avec. Car nous avons pas mal de difficultés pendant le mois de Ramadan qui représente le pic pour nous où nous n’arrivons pas à livrer tous les magasins. Les machines que nous avons également ne nous permettent pas d’aller au-delà de 800kg/jour. La matière première aussi fait défaut parce que nous n’avons pas de fonds de roulement et que nous travaillons 7 jours sur 7 sans arrêt. C’est très coûteux surtout pour des personnes qui n’ont pas de fonds encore moins de prêts extérieurs, ce n’est pas facile. Notre main d’oeuvre n’est pas très qualifiée faute de moyens nous sommes obligés de prendre des personnes sur le tas et de les former.

Comment arrivez-vous à gérer facilement vos équipements, notamment au niveau de la maintenance ?

Nous avons des machines fabriquées de façon artisanale sauf une seule qui est un don de l’Union européenne (UE) en provenance de la Chine. Nous connaissons beaucoup de soucis de maintenance. Et quand c’est le cas, nous sommes un peu obligés de courir de gauche à droite. (…) C’est vrai que la Chine et l’Inde font des machines sophistiquée même si elles ne sont pas comme celles de l’Europe qui coûtent plus chères. Mais même si nous arrivons à nous équiper en Chine, cela n’est pas mauvais. Avoir des machines plus performantes que celles que nous avons est l’un de nos défis.

Comment voyez-vous Rama Céréal dans cinq années ?

Dans cinq ans, nous avons une vision très ambitieuse. Je vois Rama Céréal grande avec des marchés plus grands et une satisfaction totale du marché. Vendre à l’extérieur également car nous sommes trop concentrés sur Abidjan or même dans la sous-région des personnes ont besoin des produits voire à l’international. Nous avons juste des clients qui viennent nous prendre le produit alors que nous pouvons nous mêmes développer des marchés à l’extérieur. Le défi dans cinq ans, c’est de satisfaire le marché et aller vers l’international avec un personnel qualifié. Voilà comment je vois Rama Céréal dans cinq ans.

Crédit photo – Nadi Jessica pour Entrepreneur Corner
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