Tribune rédigée par Chloé Roncajolo, Responsable de programmes chez Empow’Her Côte d’Ivoire

Dans le paysage ivoirien, les commerces ambulants d’attiéké ou de jus frais tenus par des femmes font partie du quotidien, à un tel point qu’il est facile d’oublier l’importance de ces activités qui permettent à ces femmes de générer quelques revenus pour subvenir aux besoins de leurs familles, dans un pays où 75% des femmes entreprennent par nécessité de survie.

Le développement d’un pays, en l’occurrence la Côte d’Ivoire, apparaît donc comme indissociable d’une réflexion sur les inégalités de genre qui en découlent. Ce n’est qu’en garantissant l’autonomisation des femmes que nous parviendrons à assurer la justice et l’inclusion, et à développer des économies durables qui bénéficient à toutes et à tous. Aujourd’hui, l’entrepreneuriat féminin apparaît de plus en plus comme un levier puissant d’autonomisation, faut-il encore qu’il soit démocratisé à l’échelle de toutes les femmes.

Quel lien entre l’entrepreneuriat et l’autonomisation ?

Le concept d’autonomisation conduit indéniablement à la notion de pouvoir. Le pouvoir de diriger sa vie, d’être en capacité de s’exprimer librement, d’avoir l’accès et le contrôle sur ses ressources, d’avoir confiance en soi et d’être conscient de sa force intérieure pour exercer ses propres choix. En somme, ce que permet l’entrepreneuriat grâce à la création d’une source de revenus stables pour l’entrepreneure, la possibilité de se projeter, d’agir, de penser de façon indépendante, et de participer à la vie économique et sociale de sa communauté.

Créer son entreprise en Côte d’Ivoire : aubaine ou nécessité ?

Les femmes sont davantage que les hommes à se lancer dans l’entrepreneuriat en Afrique, mais elles sont aussi confrontées à bien plus d’obstacles pour créer et diriger leurs entreprises. Sans garantie d’accès à des réseaux,des financements, des formations, et des cadres législatifs favorisant le respect de leurs droits fondamentaux,l’entrepreneuriat peut aussi devenir un secteur source de grande précarité.

Avec trois fois moins d’opportunités professionnelles dans le secteur formel que les hommes, les femmes sont obligées de se battre pour créer leur propre emploi, sans pour autant être comptabilisées dans l’Économie du pays. Bien qu’il soit insuffisant de cantonner l’autonomisation des femmes à un mieux-être économique, c’est néanmoins un premier pas vers d’autres formes d’indépendance comme la participation à la prise de décision sur l’utilisation des revenus, ou encore leur visibilité au sein de la communauté.

Comment assurer une autonomisation durable ?

Aujourd’hui, l’entrepreneuriat est limité et réservé à une certaine classe sociale et majoritairement aux hommes.Pour aider les femmes à s’inscrire dans une démarche d’autonomisation durable, l’écosystème entrepreneurial doit être plus inclusif. Pour cela, il est nécessaire d’agir auprès des institutions et autres parties prenantes du secteur de l’entrepreneuriat afin de faire évoluer les modes de représentation et d’impliquer femmes et hommes dans sa transformation.

D’autre part, il faut soutenir les femmes à franchir les barrières qui les empêchent d’atteindre leur plein potentiel,en les outillant à travers des programmes d’accompagnement à l’entrepreneuriat et au leadership et en développant des opportunités de rencontre favorisant l’émergence de communautés d’entraide. De la vendeuse d’attiéké à la startuppeuse, Empow’Her propose des parcours de formation et d’incubation adaptés aux différents besoins et ambitions des femmes car il n’existe pas un type d’entrepreneuriat féminin, mais des leaders.

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