« Sortons de l’informel si on veut aller loin »

Chaque année, son école accueille plusieurs centaines d’élèves rêvant de faire carrière dans l’hôtellerie. Augustine BROU a connu des vertes et des pas mûres. Dans cette interview accordée à votre magazine préférée, elle touche du doigt des questions essentielles.

Présentez-vous à nos lecteurs et faites de même pour IMGH

Je suis Augustine BRO épouse IBO, fondatrice de l’Institut de Management de Gestion et de l’Hôtellerie (IMGH). Cette école que j’ai fondée en 1999 est un centre de formation professionnelle et technique principalement tourné vers le secteur hôtelier. Nous formons des élèves au CAP, au BT et en formation qualifiante.
Il faut aussi souligner que nous fonctionnons comme un groupe, puisque nous avons un cabinet de formation agréé par le FDFP, nous avons une unité de production gastronomique et une école d’hôtellerie.

En presque 20 ans d’existence, quel bilan peut-on faire de votre institut ?

Je me rappelle que nous avions commencé IMGH avec 12 élèves, un professeur qui était moi-même et mon chauffeur qui jouait aussi le rôle de secrétaire. Les débuts étaient très difficiles. Je me réjouis donc fortement de voir qu’aujourd’hui, nous avons plus de 500 élèves qui nous font confiance et 20 à 30 enseignants qui donne tout ce qu’ils ont pour améliorer le savoir de leurs élèves. Les deux crises majeures qu’a connues notre pays ces dernières années nous ont ébranlées, mais nous avons tenu bon et l’école continue de renforcer sa capacité didactique et infrastructurelle.

En tant qu’entrepreneur, de quoi est fait votre quotidien ?

Côté professionnel, je prends toujours soin de faire le tour de mes différents services lorsque j’arrive à l’institut. Je profite pour saluer tous mes collaborateurs et pour constater que tout le monde est à son poste. Je prends le pouls de la journée grâce à ces visites. Ensuite je demande à tous mes collaborateurs de passer me rencontrer à mon bureau, afin que chacun me fasse le point de ses activités.

Madame Bro, vous cumulez plusieurs années d’expérience, alors vous avez certainement eu une expérience difficile que vous n’êtes pas prête d’oublier. Pouvez-vous nous la raconter ?

La pire que je retiens c’est la suspension de notre agrément il y a trois ans. Ca été très dur. Mes employés ont passé des mois sans salaire. Des élèves nous ont été retirés et les parents étaient révoltés. Je suis arrivée à penser que c’était la fin. Mais je suis finalement rentré en moi-même et j’ai dit à Dieu que s’il m’avait permis de créer cette école, c’était aussi pour défier ce genre d’obstacle dans ma vie entrepreneuriale. Par sa grâce, toutes choses sont finalement rentrées dans l’ordre, nous avons obtenu à nouveau notre agrément et avons évolué jusqu’ici.

Pour vous, quelle leçon avez-vous tirée de cette situation ?

La leçon principale que je tire de cette expérience, c’est de sortir de l’informel si on veut aller loin. Cette pratique peut paraître intéressante au début, mais finit toujours par nous rattraper et peut détruire en une fraction de temps une entreprise.

Vous avez une relation particulière avec Comoé Capital, pouvez-vous nous en dire plus ?

Je bénis le jour où j’ai fait la rencontre de Comoé Capital. C’est sous l’impulsion de ma grande sœur associée que j’ai trouvé la nécessité de travailler avec cette belle structure et aujourd’hui je ne regrette pas. Comoé Capital m’a orienté vers l’état d’esprit ou si vous voulez vers la mentalité que doit avoir un entrepreneur. Il y a de bonnes pratiques que je croyais impossibles à faire, mais Comoé Capital m’a aidé à les pratiquer et à dépasser mes limites. J’ai été formé, j’ai été coaché et je remercie vraiment toute l’équipe de cette entreprise. J’aime la Jeunesse et le dynamisme de l’équipe de Comoé Capital.

Pour finir, pouvez-vous adresser un message à tous les entrepreneurs ivoiriens qui vous liront ?

Bien-sûr avec plaisir. Je leur demanderai de respecter la notion d’entreprise. Une entreprise à ses règles et tout le monde, même le grand boss, se doit de les respecter. Un entrepreneur ne peut pas, par exemple, confondre la caisse de l’entreprise et sa poche. J’ai pratiqué ce genre d’erreur et j’en ai payé les conséquences. Désormais, je sais faire la part des choses et je me suis même fixée un salaire que je perçois chaque fin du mois.
Je dirai aux entrepreneurs ivoiriens d’être ouvert d’esprit et de privilégier l’innovation. Grâce à Comoé Capital, j’ai inscrit l’innovation dans mes pratiques managériales et ça marche mieux.
Il faudra, et c’est très important, faire preuve de persévérance et de patience. L’Ivoirien en particulier et l’Africain en général n’aime pas ce qui tarde à porter fruits.

 

« J’ai été formée, j’ai été coachée et je remercie vraiment toute l’équipe de cette entreprise. J’aime la jeunesse et le dynamisme de l’équipe de Comoé Capital.»

 

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